Isolation thermique par l'extérieur à Bouaye et alentours
L'isolation thermique par l'extérieur consiste à poser un isolant sur les murs extérieurs de la maison, puis à le recouvrir d'un enduit de finition. Les murs sont isolés sans perdre de surface habitable, et la façade est refaite dans la même opération.
Aux maisons dont les murs ne sont pas isolés, ou mal, et dont la façade est de toute façon à refaire. C'est la situation typique du pavillon des années 1960 à 1980 : murs en parpaing ou en pierre, enduit d'origine en fin de vie, pièces froides au nord.
L'intérêt, c'est de ne payer l'échafaudage qu'une fois. Si vous devez ravaler et que vous envisagez d'isoler un jour, faire les deux séparément revient à monter deux fois le même échafaudage et à jeter l'enduit neuf.
Là où ça ne s'adresse pas : les maisons dont vous voulez garder la pierre apparente, celles dont les débords de toit sont trop courts pour absorber l'épaisseur, et les façades avec beaucoup d'ouvrages à reprendre (balcons, garde-corps scellés, volets battants). Ça se fait, mais il faut le regarder avant, pas pendant.
Un chantier, du début à la fin
Le chantier, étape par étape
Sur cette maison, l'enduit tyrolien d'origine se décollait par plaques et le pignon avait noirci sur toute la hauteur. Repeindre par-dessus aurait tenu deux hivers. On a posé une isolation par l'extérieur, et l'enduit de finition est venu sur un support neuf. Six photos, prises sur place, dans l'ordre. Les trois premières montrent le chantier avant la pose : le mur, les panneaux livrés, l'échafaudage. Les trois autres montrent trois des neuf étapes, le chevillage, le sous-enduit armé et la finition. Les six qui restent n'ont pas d'image ici, et plusieurs disparaissent sous l'enduit le jour même.
Étape1
Le mur avant travaux
L'enduit tyrolien a cloqué puis s'est décollé par plaques, et le noir, ce sont des algues et des lichens installés dans la porosité. En bas, le polystyrène est déjà livré : les panneaux sont adossés au mur, debout sur des chutes posées au sol. Ils attendent. À cette heure-là, rien n'est encore fixé sur la façade.
Étape2
Les panneaux livrés
Côté cour, le même jour. Les panneaux sont appuyés contre le mur, calés sur des chutes de polystyrène qui les tiennent hors du sol, l'emballage ouvert au pied. Derrière eux, le mur de la maison a encore son enduit d'origine, avec son robinet et son tuyau.
Étape3
L'échafaudage monté
Côté rue, l'échafaudage est en place sur toute la longueur, avec son échelle d'accès. Les panneaux sont rangés debout contre la façade, à pied d'œuvre. Au-dessus d'eux, on voit encore le vieil enduit. C'est l'état du chantier le matin, avant que la pose commence.
Étape4
Le chevillage
Le pignon est habillé, les chevilles sont posées, et sur le polystyrène nu on les compte une à une : plusieurs par panneau, ancrées dans le mur porteur derrière l'isolant. La colle met le panneau en place. C'est la cheville qui le tient au vent. Sur l'arête du rampant, la baguette d'angle est déjà là.
Étape5
Le sous-enduit armé
La première couche d'enduit est passée et la trame en fibre de verre est marouflée dedans. À droite, on voit encore le lé de trame et son recouvrement, juste avant qu'il disparaisse. Les joints des panneaux se devinent par transparence, les rosaces ne font plus qu'un rond à peine marqué. C'est cette couche-là qu'on ne revoit jamais, et c'est elle qui empêche une fissure de traverser jusqu'à la finition.
Étape6
L'enduit de finition
L'enduit de finition, taloché à la main, dans la teinte choisie avec le propriétaire. Le portail noir du fond est celui qu'on voit derrière les panneaux sur la deuxième photo : c'est la même maison, le même mur, quelques semaines plus tard.
Le détail du geste
Les neuf étapes d'une isolation par l'extérieur, dans l'ordre
Un chantier d'isolation, vu de la rue, c'est un échafaudage et des hommes qui montent des panneaux blancs. Ce qui fait la différence entre une façade qui tient vingt ans et une façade qui fissure au coin des fenêtres se joue entre la pose des panneaux et l'enduit final, sur des pièces que personne ne reverra jamais. Voici les neuf étapes, telles que je les fais.
1
Préparer le mur
Je commence par découper les appuis de fenêtre existants. L'appui béton d'origine s'arrête au nu du mur : si on ne le reprend pas, la façade va s'épaissir de plusieurs centimètres et l'appui se retrouvera en retrait, à renvoyer l'eau sur l'enduit neuf au lieu de la jeter dans le vide.
Ensuite le mur est traité à l'anti-mousse et lavé au karcher haute pression. On ne colle pas sur du vert, on ne colle pas sur de la poussière.
2
Poser le rail de départ
Le rail de départ est une cornière fixée en bas de façade, à la cheville. C'est elle qui porte la première rangée de panneaux et qui donne l'alignement de toute la façade : si le rail n'est pas de niveau, tout le mur est de travers jusqu'en haut.
Elle se pose au-dessus du sol, jamais à ras. L'eau qui rejaillit du sol contre un pied de façade, c'est ce qui décolle et fait verdir le bas d'une isolation en quelques années. C'est le défaut le plus courant sur les isolations en rénovation.
3
Coller les plaques et cheviller
Les panneaux se collent sur le mur, rangée après rangée, joints décalés d'une rangée à l'autre comme un mur de briques. Aux angles du bâtiment ils se croisent en alternance.
Puis chaque panneau reçoit des chevilles à rosace, ancrées dans le mur porteur. La colle positionne le panneau. C'est la cheville qui le tient au vent. Les deux sont nécessaires, et sur une façade exposée les angles se chevillent plus serré que le milieu du mur.
4
Reboucher, et mousser toutes les jonctions
Chaque cheville laisse un creux dans le polystyrène. Chaque creux se rebouche, sinon il ressort en cratère dans l'enduit fini et on le voit en lumière rasante, le soir, toute l'année.
Ensuite je passe de la mousse polyuréthane spéciale isolation sur toutes les jonctions de plaques. Toutes, pas seulement celles qui ont mal fermé. Un joint ouvert entre deux panneaux, c'est un passage d'air derrière l'isolant, et un passage d'air annule une partie de ce que l'isolant vient de vous faire gagner.
5
Les baguettes d'angle, et le renfort au-dessus des fenêtres
Toutes les arêtes reçoivent une baguette d'angle : les angles du bâtiment, et les quatre côtés de chaque fenêtre. Un angle d'isolation fait à la truelle s'épaufre au premier choc, un coup de vélo, une échelle, un carton.
Au-dessus des fenêtres, je change de pièce. Je pose une baguette goutte d'eau, qui décroche l'eau de pluie du linteau au lieu de la laisser revenir sous le tableau, et j'ajoute un mouchoir d'angle en renfort : un morceau de trame posé en biais dans le coin de la baie.
Ce coin-là est le point qui fissure en premier sur une isolation, toujours, et toujours en diagonale. Le mouchoir est là pour ça, il coûte quelques minutes et il se pose avant l'enduit. Une fois la façade finie, personne ne saura jamais s'il est là. Ça, tout le monde ne le fait pas.
6
Le sous-enduit et le marouflage de la trame
Une trame en fibre de verre est noyée dans une première couche d'enduit sur toute la surface de la façade, les lés se recouvrant les uns les autres. C'est elle qui encaisse les mouvements du bâtiment et qui empêche une fissure de traverser jusqu'à la finition.
La trame doit être dans l'enduit, pas posée dessus ni plaquée contre le polystyrène. C'est le geste que personne ne voit et c'est celui qui décide de la durée de vie de la façade.
7
La deuxième couche de sous-enduit
Je repasse une seconde couche de sous-enduit par-dessus la première. Elle noie complètement la trame et elle rattrape le fond.
Sans cette couche, on devine le quadrillage du voile de verre à travers la finition, surtout sur les teintes claires et surtout en fin de journée quand le soleil arrive de côté. Le mur est fini, il est propre, et pourtant il a un aspect de tissu. Ça ne se répare pas après coup, ça se joue à cette étape-là. Avec la deuxième couche, le même mur au même moment de la journée ne renvoie qu'un fond uni, et c'est tout ce qu'on lui demande.
8
L'enduit de finition, taloché à la main
L'enduit de finition est appliqué et taloché entièrement à la main. Pas de machine à projeter, aucune projection.
Une machine va vite et elle donne un grain régulier partout, y compris là où le mur ne le méritait pas. À la main, je suis le mur, je vois ce que je serre, et je m'arrête aux angles et aux descentes plutôt qu'au milieu d'un pan. C'est plus long. C'est le geste du métier, et c'est celui pour lequel on m'appelle.
9
Les appuis de fenêtre en aluminium
Dès qu'il y a une isolation par l'extérieur, je pose des appuis en aluminium. Systématiquement, sur toutes les fenêtres.
La façade a épaissi : l'appui neuf doit ressortir franchement au-delà du nouveau nu du mur, avec sa pente vers l'extérieur et son retour en sous-face. À partir de là, l'eau tombe dans le vide. Sans ça, elle contourne le nez de l'appui, revient sous le tableau et redescend le long de l'enduit neuf. Le résultat se voit au bout d'un ou deux hivers : deux coulures noires verticales sous chaque fenêtre, sur une façade qui vient d'être refaite.
Les points qui se jouent avant la pose
L'épaisseur. Elle se décide en fonction de ce que vous voulez gagner et de ce que la maison accepte : le débord de toit, la profondeur des tableaux de fenêtre, l'alignement avec la limite de propriété. On la fixe au moment du devis, pas sur le chantier.
Les tableaux de fenêtre. C'est l'endroit où l'ITE se rate le plus souvent. Isolant plus fin autour des ouvertures, appuis à recouper ou à remplacer, mastic aux jonctions. Une isolation qui s'arrête au bord de la fenêtre laisse un pont thermique là où le mur est déjà le plus faible.
Ce qui est accroché au mur. Volets, descentes d'eau, coffrets, éclairages, antenne : tout ce qui traverse l'isolant doit être déposé, puis reposé sur des fixations adaptées à l'épaisseur. C'est du temps, et ça se chiffre au devis.
La finition. Grattée, elle donne un grain marqué qui accroche la lumière et masque bien les irrégularités. Talochée, elle donne une surface plus lisse et plus contemporaine. Le choix est esthétique, mais il change la façon dont la façade se salira.
Oui, dans tous les cas ou presque. L'isolation par l'extérieur modifie l'aspect de la maison et ajoute de l'épaisseur au mur : c'est une modification de l'aspect extérieur, donc une déclaration préalable à déposer en mairie avant de commencer.
Deux points à vérifier en même temps. L'épaisseur ajoutée par rapport à la limite de propriété et à l'alignement sur la rue, parce que sur une maison implantée en limite, quelques centimètres changent la situation. Et la teinte de finition, que le règlement d'urbanisme de votre commune peut encadrer.
C'est gratuit, ça se dépose en mairie ou en ligne, et ça se prépare pendant qu'on établit le devis.