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Ouest Façadier

Chantiers

Mes chantiers, photographiés sur place

Quatre chantiers, quatre communes. Pour chacun je raconte d'abord ce qu'il y avait avant, ce qu'on a fait et pourquoi, puis je montre les photos. Prises sur place, au téléphone, entre deux passes. Rien d'acheté, rien de retouché : une belle image de façade sans le chantier qui va avec, ça ne prouve rien.

Chantier 1

Isolation par l'extérieur et enduit taloché

Cheix-en-Retz · maçonnerie sous enduit tyrolien · isolation polystyrène, finition talochée

L'enduit tyrolien d'origine avait cloqué puis s'était décollé par plaques, et le pignon était noir sur toute la hauteur. Le noir, ce sont des algues et des lichens installés dans la porosité de l'enduit. Repeindre par-dessus aurait tenu deux hivers : le problème n'était pas la couleur, c'était le support.

On a commencé par découper les appuis de fenêtre en béton, traiter le mur à l'anti-mousse et le laver au karcher. Puis le rail de départ, qui donne l'alignement de toute la façade, et les panneaux de polystyrène, collés rangée après rangée avec les joints décalés comme un mur de briques, puis chevillés à rosace dans le mur porteur.

Ensuite vient tout ce qui ne se photographie pas et qui décide de la durée de vie de la façade. Chaque trou de cheville rebouché. De la mousse polyuréthane sur toutes les jonctions de plaques, pour qu'aucun filet d'air ne circule derrière l'isolant. Une baguette d'angle sur chaque arête et sur chaque entourage de fenêtre, et au-dessus de chaque fenêtre une baguette goutte d'eau plus un mouchoir d'angle en renfort, parce que c'est ce coin-là qui fissure en premier, en diagonale, quand il n'est pas renforcé.

Puis le sous-enduit avec la trame en fibre de verre marouflée dedans, et une deuxième couche de sous-enduit par-dessus pour noyer complètement la trame. Sans cette seconde couche, on devine le quadrillage du voile de verre sous la finition dès que le soleil arrive de côté.

La finition est un enduit taloché, appliqué entièrement à la main. Aucune machine, aucune projection. Les appuis de fenêtre en aluminium ont été posés pour finir, puisque la façade avait épaissi et que l'appui d'origine ne débordait plus assez pour rejeter l'eau.

Sur les photos, le mur de clôture en pierre, le portail noir et l'antenne de toit servent de repères. C'est le même pignon du début à la fin.

  • Façade d'une maison avec enduit tyrolien décollé par plaques et traces noires, panneaux de polystyrène adossés au mur en attente de pose

    1. Le mur avant travaux

  • Panneaux de polystyrène appuyés contre le mur de la maison et calés sur des chutes, emballage ouvert au sol, avant pose

    2. Les panneaux livrés

  • Échafaudage monté le long de la façade côté rue et panneaux de polystyrène rangés debout contre le mur avant pose

    3. L'échafaudage monté

  • Pignon habillé de panneaux de polystyrène nus, têtes de chevilles visibles sur toute la surface et baguette d'angle sur l'arête du rampant, chantier d'isolation par l'extérieur

    4. Le chevillage

  • Sous-enduit appliqué sur les panneaux isolants et trame en fibre de verre en cours de marouflage, lé et recouvrement visibles

    5. Le sous-enduit armé

  • Façade terminée avec enduit de finition clair taloché à la main après isolation par l'extérieur, maison à Cheix-en-Retz

    6. L'enduit de finition

Voir comment je pose une isolation

Chantier 2

Pose d'appuis de fenêtre en aluminium

Rezé · appuis béton d'origine · habillage aluminium plié sur mesure, collé

L'appui de fenêtre est l'entonnoir de la façade. Toute l'eau qui tombe sur le vitrage descend et se concentre sur cette pièce d'un mètre de large. Sur cette maison, les appuis béton étaient coulés avec la construction, arrivés au nu du mur, sans débord franc et sans retour en sous-face. Ils n'étaient pas cassés. Ils n'avaient simplement jamais renvoyé l'eau ailleurs que sur la façade.

On les a nettoyés à fond, gratté les laitances et dépoussiéré, parce qu'une colle qui prend sur de la poussière de béton fait illusion le jour même et lâche au premier hiver. L'aluminium a été plié et recoupé à la cote relevée sur chaque ouverture, une par une, ébavuré aux coupes.

La colle se dépose en serpentin sur toute la longueur. Ce n'est pas décoratif : le serpentin laisse à l'air un chemin pour sortir et il répartit la charge de la pièce au lieu de la faire porter sur trois points. Rien ne traverse le dessus de l'appui, aucune vis, aucune perforation, parce qu'un trou sur la face qui reçoit la pluie est une entrée d'eau garantie.

La pièce posée déborde du mur, elle a sa pente vers l'extérieur et son retour en sous-face. À partir de là, l'eau tombe dans le vide. Quand ce retour manque, elle contourne le nez de l'appui, revient dessous par capillarité et redescend le long de l'enduit : ce sont les deux coulures noires verticales qu'on voit sous les fenêtres des maisons ravalées il y a deux ou trois ans.

  • Appui de fenêtre en béton nu avant pose, arrivé au nu du mur, sans débord ni goutte d'eau

    1. L'appui d'origine

  • Cordon de colle appliqué en serpentin sur toute la longueur de l'appui de fenêtre, avant pose de la pièce en aluminium

    2. Le cordon de colle

  • Appui de fenêtre en aluminium posé, débordant du mur avec sa pente et son retour en sous-face

    3. L'appui posé

Voir les couvertines et appuis alu

Chantier 3

Démoussage de toiture

Port-Saint-Père et La Bernerie-en-Retz · tuiles terre cuite · décontaminant, temps d'action, rinçage

Deux toits, deux communes, le même chantier. À Port-Saint-Père, les tuiles étaient ternies, colonisées par les lichens, la teinte devenue irrégulière sur toute la longueur du pan. À La Bernerie-en-Retz, même chose, en bord de mer, où l'air humide et salé fait aller le vert deux fois plus vite.

Le traitement est toujours le même : on applique le décontaminant, on lui laisse le temps d'agir, puis on rince. Le lichen a des racines dans la porosité de la tuile. Un rinçage seul emporte le vert visible et laisse les racines, et le toit reverdit dans l'année.

Sur les photos de Port-Saint-Père, l'avant et l'après n'ont pas été pris au même endroit ni sous le même angle. Je les montre telles quelles. Recadrer une photo pour faire croire à un cliché identique, ce serait fabriquer une preuve.

La photo de La Bernerie-en-Retz n'a pas ce problème. Elle a été prise pendant le chantier : à gauche de la ligne, la tuile a été traitée et rincée, à droite elle est encore couverte de lichens. Même toit, même pan, même lumière, même seconde. C'est la photo la plus difficile à contester de tout le site.

  • Toiture en cours de démoussage à La Bernerie-en-Retz : ligne de démarcation nette entre la partie traitée, propre, et la partie encore couverte de lichens

    La Bernerie-en-Retz, en cours de traitement

  • Toiture en tuiles terre cuite ternies et tachées de lichens avant démoussage, à Port-Saint-Père

    Port-Saint-Père, avant

  • Toiture en tuiles à la teinte uniforme après démoussage, vue du faîtage, à Port-Saint-Père

    Port-Saint-Père, après

Voir le nettoyage et le démoussage

Chantier 4

Rejointoiement d'un mur en pierre

Port-Saint-Père · maçonnerie de pierre, joints creusés · reprise des joints au mortier

Sur ce mur, les joints d'origine étaient creusés et la maçonnerie prenait l'eau. Un rejointoiement n'a rien à voir avec un enduit : on ne pose aucune couche continue sur la pierre, on vide les joints morts et on les refait, un par un.

On dégarnit d'abord, en descendant jusqu'à trouver du dur. Un joint gratté en surface se détache en plaques au bout de deux ou trois ans. On brosse, on dépoussière, on humidifie la pierre, puis on garnit en serrant le mortier au fond du joint pour chasser l'air.

Le point qu'il faut connaître avant de faire refaire un mur ancien : sur de la pierre, le joint doit toujours être plus tendre que la pierre. Un mur ancien n'a pas de coupure d'humidité, il prend l'eau et il la restitue en s'évaporant par ses joints. Le joint est le poumon du mur. Refait au ciment, il ne respire plus et il ne bouge plus : l'eau ressort alors par la pierre elle-même, qui s'écaille et se creuse en cuvette, pendant que le joint au ciment reste intact et saillant. C'est l'erreur la plus répandue de la rénovation de façade, et elle ne se rattrape qu'en reprenant tout le mur.

Sur les photos, la partie claire est reprise, le reste attend son tour. C'est exactement à ça que ressemble un chantier de pierre en cours : ça se fait au mètre carré, à deux, et ça occupe le mur longtemps. C'est la prestation la moins spectaculaire et la plus longue de toutes celles que je fais.

  • Vue rapprochée du mur en pierre, partie rejointoyée et partie d'origine, deux ouvriers au travail

    Les joints repris, et ceux qui attendent

  • Mur en pierre en cours de reprise des joints, échelles et bâches de chantier au pied

    Le mur pendant le chantier

  • Rejointoiement d'un mur en pierre à Port-Saint-Père, vue d'ensemble du chantier avec les ouvriers au travail

    Le chantier vu en entier

D'autres chantiers sont en photo sur ma fiche Google. Ceux-là arrivent ici au fur et à mesure, avec le récit qui va avec.

Je suis installé à Bouaye : mon entreprise de façade à Bouaye, et qui je suis.

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